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Le grand bond en arrière


Présentation de l’éditeur

De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les " décideurs " et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de " crise ", c’est que tout un
travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été
détruites afin qu’il n’y ait " plus d’alternative ". D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales,
débouché sur d’autres choix. La " mondialisation ", ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la " seule politique possible " que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre.
Inspirées par des théoriciens de l’université de Chicago, dont l’influence sera considérable au Chili, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d’un système d’économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable ; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

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